Pequeños relatos

Jette-toi!

Entonces abre la ventana

y ¡tírate!

Los tres

Il dansait sur le quai du métro Stalingrad. Ensuite il y a eu un autre qui s’est ajouté. Ils fessaient des tours qu’ils ne maîtrisaient pas bien mais qu’ils finissaient les mains en haut, fiers de leur chorégraphie. Ses amis, que je n’ai pas aperçu dans un premier temps, célébraient leur bêtises. Une dame arabe vêtue d’un voile vert olive et jeans, baskets et manteau noir, ne se décidait pas à regarder impunément et riait-elle aussi. Elle tournait la la tête vers moi pour ce faire. J’était plus loin qu’elle du groupe.

J’étais content et partageait leur joie. À moins cinq minutes, l’un deux à trouvé ce qu’il manquait à leur spectacle. Il a fait un bond, puis un écartement qui s’est arrêté pile au bord du quai, sur la bande blanche. J’ai eu des frissons. Lui, de toute évidence, se sentait maître de son corps avec l’alcool lui chauffant les veines, étirant ses muscles, faisant sortir de lui cet halène en mouvement d’un danseur à la limite d’un précipice, démon éthylique.

Il est retourné vers le mur avec deux tours, une jambe en pointe et un arc au dos. Il s’est appuyé tragiquement sur le mur , il faisait une parodie, probablement d’une pièce classique. Il a enchaîné avec le moon walk de Mickel Jackson. Le dos tourné aux rails, il a fait demi tour, pour se retrouver habilement à nouveau embrassant l’air de la pointe des pieds, le talons fortement ancrés au quai. Moins quatre minutes. J’ai détourné le regard. La femme arabe ne semblait nullement préoccupé par la propension au vide de ce jeune bourré qui ne cessait de sourire. Moins trois minutes. Read more…

Be the first to comment - What do you think?  Posted by pavelg - 18/02/2012 at 17:44

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Des chats dans les passages

Monsieur Ben Mati se plaignait des « voyous qui s’amusaient à crier dans le passage des escaliers » comme le racontait sa fille à ses copines à propos de la rue Élisa Borey. Il va le choper un jour et il va le calmer direct, disait-elle avec une certaine fierté, entre les cris des autres adolescents dans la cour de récréation du collège Robert Doisneau. Elles ont rigolé parce qu’elles pouvaient presque voir la scène dans leur têtes.

Ce rire était alimenté par un désir de vengeance qu’elles portaient dans cette mini-fiction pas encore réalisée où Amour, ce garçon au sempiternel sourire et visage antillais, serait enfin châtié.

D’autres voisins se plaignaient également, non pas dans la cour de récréation, ni pour les mêmes raisons. Pour eux, Amour n’était pas le seul concerné par le ragot qui courait dans les boulangeries, les kebabs, les cafés, le bar à chicha et thé, les laveries, le marché, les couloirs, et dans tous ces endroits où les gens du quartier se réunissaient ; en dehors des lieux qui ne les concernaient pas, comme certains bars de la rue de Ménilmontant et Oberkampf. Du moins à ceux qui étaient plus petits, ou plus âgés, et pour qui la vie nocturne ne faisait pas partie de leur réalité.

C’est là que le ragot de ces jeunes baptisés « les chats » s’est passé de bouche à oreille, comme il est dû à tout commérage digne de ce nom.

Les faits se sont déformés peu à peu, en spirale tordue de téléphone arabe. On disait qu’ils grimpaient sur les murs ; qu’ils glissaient sur les rampes ; qu’ils fessaient des salto en arrière et en avant ; qu’ils criaient une chanson étrange ; qu’ils se battaient comme des singes ; qu’ils se chassaient entre eux, tels des anges furieux ; qu’ils souffraient et jouissaient comme il n’était pas possible, selon monsieur Ben Mati qui parlait à sa femme.

Lui, il était décidé à l’attraper, lui, Amour, qu’il identifiait comme le chef de la horde qui dérangeait son sommeil de veilleur de nuit. Read more…

Be the first to comment - What do you think?  Posted by pavelg - 15/02/2012 at 12:38

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Un segundo trabajo

Le pregunté a la gente que me conocía y todos parecieron coincidir:

-Pues hazlo.

-¿Pero no será muy duro?

-Yo lo haría.

-Tu ferais quoi à ma place?

-Il faut être courageux dans la vie! Read more…

Be the first to comment - What do you think?  Posted by Misosofos - 11/02/2012 at 23:13

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La balance de pointe et un médecin sodomite

Le médecin me disait avec une certaine fierté que la balance était un équipement de pointe, en même temps qu’il m’incitait avec ses mains à monter, comme en disant « allez-y, vérifiez-le de vous même ». Je n’ai eu d’objection, j’étais quelque peu mal à l’aise. Non pas à cause de ce qu’il me disait mais parce que je savais que j’avais poussé ce rendez-vous avec moi même pendant des années. Du moins de mon propre gré. Dans les quatre ans et quelque que j’avais été là, je n’étais jamais allé chez ceux qui ont fait le serment d’Hippocrate.

Malgré les capacités de l’appareil, j’ai trouvé qu’on y avait du mal à monter. D’autre part je m’attendais à un écran numérique, mais je me suis trouvé devant une vieille aiguille que, de mon point de vue, ne faisait que peser. Je ne voyais pas la technologie « de pointe ».

  • Restez debout, monsieur, sinon l’appareil ne peut pas faire son travail.

  • J’essaie, mais il est trop près du mur et je pars ver l’arrière. Ça fait partie du truc ?

  • Non, ça c’est parce que c’est un objet fragile et si je le mets ailleurs dans mon cabinet, je risque de lui donner un coup de pied et de l’abîmer. Essayez sur une jambe.

  • Comme ça ?

  • Parfait. Vous arrivez à voir le chiffre ? J’ai mal au dos et je ne peux pas me pencher.

  • Si je baisse la tête, je tombe.

  • Non avons un souci alors. Descendez, je vais appeler mon secrétaire. Read more…

Be the first to comment - What do you think?  Posted by pavelg - 06/02/2012 at 14:07

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C’est cramé, mec!

  • C’est toi qui sent la bon comme ça? C’es cramé, mec.

  • Chuuuuuut ! Dit-il en ouvrant les yeux, aux antipodes de son ton de voix. C’est bon, c’est bon, je vais le ranger, je vais le ranger (sourire ivre).

Je m’étais rendu compte de son état depuis le début. C’est à dire, su fait qu’il n’était pas normal, bien qu’il ne semblait pas bourré au premier coup d’oeil. C’était plutôt ce qui avait derrière. J’étais monté dans le train en pensant que, ce soir là, j’avais envie de fumer un gros pétard et que je n’en avais pas. Je suis monté à Louvre Rivoli. Il y avait encore beaucoup de sièges vides . Je n’ai pas eu du mal en en trouver un, mais c’était surtout l’odeur à beu qui m’a frappé et qui s’est superposée à la recherche d’un siège.

J’ai toujours aimé cette odeur, c’est comme un bel après midi, pas trop chaude, pas trop fraîche, entouré de nature. Je me suis assis où je m’assois d’habitude sur la ligne sept ; sur les six sièges aux bouts frontal et arrière du wagon. Il était assis en face de moi, ou moi en face de lui puisque je suis arrivé après. Il n’était pas là mais je ne savais pas exactement pourquoi. J’avais deux théories : handicap, parce qu’il était extrêmement maigre ; je dirais dans les quarante kilos, car il était petit, pas plus d’un mètre cinquante ; où une cuite sévère, parce que ses mouvements étaient ralentis et faibles. Cependant, son Å“il à moitié fermé, complètement immobile mais pas gonflé, contribuait à pencher la balance du côté de l’handicap. De plus, je ne percevais aucune halène alcoolisée, posté devant lui, comme je l’étais, à un mètre cinquante de tête à tête. Read more…

1 comment - What do you think?  Posted by pavelg - 03/02/2012 at 00:26

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C’est clair, mec!

Il me l’a dit. Un gars d’origine orientale indéfinissable, après avoir essayé de saluer un noir qui n’a pas voulu lui serrer la main, me l’avait dit. On ne peut pas dire que son interlocuteur était froid. Il était une heure du matin et la fermeture du métro frappait à la porte. J’ai répondu à sa salutation, quand ça a été à mon tour, bien que je savais que si je n’avais pas été sobre comme je l’étais, je l’aurais aussi évité. Il n’a rien dit après ma riposte, il ne cherchait pas non plus à entamer une conversation. Il se plaignait de l’incapacité des gens à s’ouvrir et parler, mais il n’aurait pu Parler, parce qu’il se plaignait à ce moment là. Oui, c’était comique dans le fond, contradictoire, mais surtout comique, ou comique parce que contradictoire, dans tout cas j’ai ri.

Il a traversé les voies du tramway et, au feu, il s’est retourné pour me crier fort et clair, en articulant et sans accent : Soit un homme ! Et il m’a oublié ensuite, pour toujours.

Je ne pourrais dire que je n’ai pas entendu, ça a eu la vertu d’être comme de l’eau, mais sans être insipide. L’arrière goût était là, incontournable, mémorable et nu, la remise en cause, un peu de peur, un peu de lumière; la mère qui te gronde et pince ton oreille, par hasard, amorphe, et s’en va.

Be the first to comment - What do you think?  Posted by pavelg - 02/02/2012 at 02:37

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De l’eau? J’aime pas ça

Ioro était là de passage, il devait rejoindre une copine qui l’attendait ou qui allait l’attendre, l’empressement n’était pas très clair. Il s’est quand même installé. En hiver, cela équivaut à se défaire des couches qui enveloppent le corps, les poser quelque part et s’asseoir. Il l’a fait sans hâte malgré avoir eu deux fois sa copine au téléphone. Nous on ne savaient pas ce qu’on allait faire dans la soirée qui commençait. On le lui a dit. Nous, c’était Axel et Raj, ceux avec qui je travaille au collège. Le « chez », avait par complément Raj.

On prenait l’apéro pour nous laver les pensées du boulot. C’était toujours efficace pour commencer le week-end. Travailler avec des gens peut combler jusqu’au moindre recoin de la tête. Avec la première bière, on parlait d’autres choses ou l’on remémorait un événement drôle, comme les profs faisant les goujats avec une prof de français, ou l’enseignant de mathématiques connu pour sa dureté qui a fini en slip au milieu de la cour pendant le barbecue de fin d’année.

On se marrait bien, on le savait, on pouvait oser dire et faire des choses qui ne sont plus « normales » pour les gens qui passent la totalité de leurs vies entourés d’adultes. Malgré le fait d’être parmi les plus bas de la hiérarchie du ministère de l’éducation, on jouissait d’un emploi rémunéré au smic, mais soumis à un calendrier de quatre mois de vacances par an.

Ioro était au courant de bien plus d’avantages que ce poste pourvoyait. Il habitait l’appartement qui comprenait une terrasse sur le toit du collège. C’était un logement de fonction que son père était censé habiter, bien que tout le monde était au courant de son double logement.

Comme on dit, il se mettait bien. Il était surveillant dans un autre collège. Il avait travaillé pendant trois ans dans l’établissement qu’il habitait et dont son père était le directeur adjoint, mais il s’est fait virer par faute grave. Il avait fait des choses largement plus punissables dans les règles du milieu, c’est pourquoi c’était marrant que le prétexte pour le virer ait été de fumer une clope dans la cour, à côté de la salle de permanence. Evin a été le prétexte ainsi quelques règlements internes pour couper le cordon ombilicale de ce fils du ministère de l’éducation qu’y se trouvait à son aise.

Il n’a pas quitté l’appartement, ça, c’était une autre histoire, avec d’autres enjeux et d’autres farces. Ça a été une rumeur de quelques semaines. Il dérangeait et il a fini par partir. Il en avait été de même dans plusieurs situations dans lesquelles il avait obtenu un avantage par le biais de son père, il cassait tout. Il réussissait toujours à dépasser les limites d’une situation confortable qu’aurait pu l’aider à se construire un bon mode de vie.

  • Alors, Ioro, tu restes un peu ?

  • Je ne sais pas, pourquoi, vous allez bouger maintenant ?

  • Non, c’était pour savoir si on allait chercher une autre bière et des clopes parce qu’on n’en a plus. Et si t’allais chercher ta copine, tu aurais pu te taper la mission en même temps.

  • Du coup je ne sais pas, (bip, bip),ah, la voilà encore, qu’est-ce qu’elle est chiante cette fille, (biiip, biiiiiiiip). Je lui ai dit que j’avais pour une demi heure, il n’est pas encore l’heure et elle m’appelle (biiiiiiiiiiiip, biiiiiiiiiiiiiip) ça va sinon ? (biiiiiiiip, booooooooooop).

  • Tu vas pas répondre ?

  • Elle a qu’appeler à l’heure, t’es d’accord que si ce n’est pas encore l’heure, t’as pas à plaindre ton rendez-vous, n’est-ce pas ?

  • Bon, écoute, je n’ai que de l’eau à te proposer pour l’instant. Ça te va ?

  • De l’eau ? Non, merci j’en bois pas, j’aime pas ça.

  • Tu ne bois jamais d’eau ? Read more…

Be the first to comment - What do you think?  Posted by pavelg - 30/01/2012 at 11:19

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Baskets neuves et casque, contre écharpe en laine

On devait se rendre à la plage. C’était ça le nom du bar, mais en réalité se trouvait au milieu de rues et des rues, dans le vingtième arrondissement. Misosofos dit que j’ai le mal de Dyogène. Il est vrai que j’aime faire de la recup’, sous toutes ses formes. Le sac était dans le panier d’un velib’, on y était, lui et moi, sur la rue Charonne. Je l’ai pris et regardé le contenu sans nous arrêter de marcher.

  • C’est quoi ? A voulu savoir Eric, le polyglotte.

  • C’est des baskets neuves, une veste bleu, neuve elle aussi, et un casque.

  • C’est du combien ? S’est intéressé Flavien, le philosophe.

  • C’est du quarante quatre. Tu chausses du combien ?

  • Quarante trois.

  • Essaie-les ça se trouve elles te vont bien.

On s’est arrêté, il a changé ses chaussures qui le rappelaient son ex-copine qui venait de le quitter et a dit :

Be the first to comment - What do you think?  Posted by pavelg - at 01:32

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Tregua

Y quizá dirás aún que no te quiero, que mi silencio te mata. Que no me muevo a pesar de hacer mucho ruido. Quizá es sólo que soy como las castañas. El ruido tiene su encanto. Las balas de salva son una ficción, me gusta la ficción. La realidad está ahí de cualquier manera.

Trágame, disuélveme en ácido, arráncame una costilla y ponla a asar. De cualquier manera no tengo alas, las costillas están de más. Me quedo con las cosquillas que no están en ninguna parte.

Punto en el frente, punto en el frente, arremete contra mí, para que el sueño sea liviano, para que la angustia que precede el final de un día, no me desgaje como la corteza de un árbol, con las entrañas al aire sintiendo el aire demasiado frío, el agua demasiado húmeda, evaporándose de mi piel.

Dejame diluirme en un olvido antes de hacerme recordar. Dame la tregua que me permita escuchar de nuevo mi voz en vez de la tuya, tu aroma en vez del mío. Acabamos de sufrir el accidente de un adiós, es desgraciado, pero no letal. Déjame lamer mis heridas antes de lamer las tuyas, sólo tengo una lengua y ahora hay poca saliva. La paliza fue fuerte, de esas que te hacen pensar en la muerte y tapizan tus sueños, naufragio. Es imposible salvar al otro sin ahogarlo y ahogarse en el intento. Queda entonces el sueño de un sol y de un mar, y una vida.

Be the first to comment - What do you think?  Posted by pavelg - 22/01/2012 at 19:13

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Año nuevo sin saber qué hacer con las uvas

Era una tradición que había aceptado sin más. Lo hacía cada año en Nochevieja. Nunca creí que trajera suerte. ¿Pero qué tenía de malo? Un poco por costumbre y otro poco porque no me acababa de hacer a la idea de que sería mi primera Nochevieja trabajando, me había llevado doce uvas. Read more…

1 comment - What do you think?  Posted by Misosofos - 16/01/2012 at 04:16

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