Jette-toi!
Entonces abre la ventana
y ¡tÃrate!
Los tres
Il dansait sur le quai du métro Stalingrad. Ensuite il y a eu un autre qui s’est ajouté. Ils fessaient des tours qu’ils ne maîtrisaient pas bien mais qu’ils finissaient les mains en haut, fiers de leur chorégraphie. Ses amis, que je n’ai pas aperçu dans un premier temps, célébraient leur bêtises. Une dame arabe vêtue d’un voile vert olive et jeans, baskets et manteau noir, ne se décidait pas à regarder impunément et riait-elle aussi. Elle tournait la la tête vers moi pour ce faire. J’était plus loin qu’elle du groupe.
J’étais content et partageait leur joie. À moins cinq minutes, l’un deux à trouvé ce qu’il manquait à leur spectacle. Il a fait un bond, puis un écartement qui s’est arrêté pile au bord du quai, sur la bande blanche. J’ai eu des frissons. Lui, de toute évidence, se sentait maître de son corps avec l’alcool lui chauffant les veines, étirant ses muscles, faisant sortir de lui cet halène en mouvement d’un danseur à la limite d’un précipice, démon éthylique.
Il est retourné vers le mur avec deux tours, une jambe en pointe et un arc au dos. Il s’est appuyé tragiquement sur le mur , il faisait une parodie, probablement d’une pièce classique. Il a enchaîné avec le moon walk de Mickel Jackson. Le dos tourné aux rails, il a fait demi tour, pour se retrouver habilement à nouveau embrassant l’air de la pointe des pieds, le talons fortement ancrés au quai. Moins quatre minutes. J’ai détourné le regard. La femme arabe ne semblait nullement préoccupé par la propension au vide de ce jeune bourré qui ne cessait de sourire. Moins trois minutes. Read more…
Categories: La Courneuve, Literatura, ParÃs, Pequeños relatos, Sociedad Tags: 93, arabe, banlieue, canal, danse, indien, italien, la courneuve, metro, Montmartre, noire, paris, polonais, portugais, riquet, stalingrad, suicide, tamoul, vertige, Villette
Des chats dans les passages
Monsieur Ben Mati se plaignait des « voyous qui s’amusaient à crier dans le passage des escaliers » comme le racontait sa fille à ses copines à propos de la rue Élisa Borey. Il va le choper un jour et il va le calmer direct, disait-elle avec une certaine fierté, entre les cris des autres adolescents dans la cour de récréation du collège Robert Doisneau. Elles ont rigolé parce qu’elles pouvaient presque voir la scène dans leur têtes.
Ce rire était alimenté par un désir de vengeance qu’elles portaient dans cette mini-fiction pas encore réalisée où Amour, ce garçon au sempiternel sourire et visage antillais, serait enfin châtié.
D’autres voisins se plaignaient également, non pas dans la cour de récréation, ni pour les mêmes raisons. Pour eux, Amour n’était pas le seul concerné par le ragot qui courait dans les boulangeries, les kebabs, les cafés, le bar à chicha et thé, les laveries, le marché, les couloirs, et dans tous ces endroits où les gens du quartier se réunissaient ; en dehors des lieux qui ne les concernaient pas, comme certains bars de la rue de Ménilmontant et Oberkampf. Du moins à ceux qui étaient plus petits, ou plus âgés, et pour qui la vie nocturne ne faisait pas partie de leur réalité.
C’est là que le ragot de ces jeunes baptisés « les chats » s’est passé de bouche à oreille, comme il est dû à tout commérage digne de ce nom.
Les faits se sont déformés peu à peu, en spirale tordue de téléphone arabe. On disait qu’ils grimpaient sur les murs ; qu’ils glissaient sur les rampes ; qu’ils fessaient des salto en arrière et en avant ; qu’ils criaient une chanson étrange ; qu’ils se battaient comme des singes ; qu’ils se chassaient entre eux, tels des anges furieux ; qu’ils souffraient et jouissaient comme il n’était pas possible, selon monsieur Ben Mati qui parlait à sa femme.
Lui, il était décidé à l’attraper, lui, Amour, qu’il identifiait comme le chef de la horde qui dérangeait son sommeil de veilleur de nuit. Read more…
Categories: Literatura, ParÃs, Pequeños relatos, Sociedad Tags: antillais, arabe, arrondissement, bar, Belleville, café, chat, cité, Collège, coran, hotel, La Banane, marché, Menilmontant, musulman, paris, quartier, Robert Doisneau, rue, Sorbier, vingtième
C’est cramé, mec!
-
C’est toi qui sent la bon comme ça? C’es cramé, mec.
-
Chuuuuuut ! Dit-il en ouvrant les yeux, aux antipodes de son ton de voix. C’est bon, c’est bon, je vais le ranger, je vais le ranger (sourire ivre).
Je m’étais rendu compte de son état depuis le début. C’est à dire, su fait qu’il n’était pas normal, bien qu’il ne semblait pas bourré au premier coup d’oeil. C’était plutôt ce qui avait derrière. J’étais monté dans le train en pensant que, ce soir là , j’avais envie de fumer un gros pétard et que je n’en avais pas. Je suis monté à Louvre Rivoli. Il y avait encore beaucoup de sièges vides . Je n’ai pas eu du mal en en trouver un, mais c’était surtout l’odeur à beu qui m’a frappé et qui s’est superposée à la recherche d’un siège.
J’ai toujours aimé cette odeur, c’est comme un bel après midi, pas trop chaude, pas trop fraîche, entouré de nature. Je me suis assis où je m’assois d’habitude sur la ligne sept ; sur les six sièges aux bouts frontal et arrière du wagon. Il était assis en face de moi, ou moi en face de lui puisque je suis arrivé après. Il n’était pas là mais je ne savais pas exactement pourquoi. J’avais deux théories : handicap, parce qu’il était extrêmement maigre ; je dirais dans les quarante kilos, car il était petit, pas plus d’un mètre cinquante ; où une cuite sévère, parce que ses mouvements étaient ralentis et faibles. Cependant, son Å“il à moitié fermé, complètement immobile mais pas gonflé, contribuait à pencher la balance du côté de l’handicap. De plus, je ne percevais aucune halène alcoolisée, posté devant lui, comme je l’étais, à un mètre cinquante de tête à tête. Read more…
Categories: La Courneuve, Literatura, ParÃs, Pequeños relatos, Sociedad Tags: courneuve, marihuana, metro, odeur, paris, pétard
C’est clair, mec!
Il me l’a dit. Un gars d’origine orientale indéfinissable, après avoir essayé de saluer un noir qui n’a pas voulu lui serrer la main, me l’avait dit. On ne peut pas dire que son interlocuteur était froid. Il était une heure du matin et la fermeture du métro frappait à la porte. J’ai répondu à sa salutation, quand ça a été à mon tour, bien que je savais que si je n’avais pas été sobre comme je l’étais, je l’aurais aussi évité. Il n’a rien dit après ma riposte, il ne cherchait pas non plus à entamer une conversation. Il se plaignait de l’incapacité des gens à s’ouvrir et parler, mais il n’aurait pu Parler, parce qu’il se plaignait à ce moment là . Oui, c’était comique dans le fond, contradictoire, mais surtout comique, ou comique parce que contradictoire, dans tout cas j’ai ri.
Il a traversé les voies du tramway et, au feu, il s’est retourné pour me crier fort et clair, en articulant et sans accent : Soit un homme ! Et il m’a oublié ensuite, pour toujours.
Je ne pourrais dire que je n’ai pas entendu, ça a eu la vertu d’être comme de l’eau, mais sans être insipide. L’arrière goût était là , incontournable, mémorable et nu, la remise en cause, un peu de peur, un peu de lumière; la mère qui te gronde et pince ton oreille, par hasard, amorphe, et s’en va.
Categories: La Courneuve, Literatura, ParÃs, Pequeños relatos, Sociedad Tags: alcool, biere, carrefour, chinois, épicérie, la courneuve, metro, migracion, noir, paris, peur, salutation, tamoul
De l’eau? J’aime pas ça
Ioro était là de passage, il devait rejoindre une copine qui l’attendait ou qui allait l’attendre, l’empressement n’était pas très clair. Il s’est quand même installé. En hiver, cela équivaut à se défaire des couches qui enveloppent le corps, les poser quelque part et s’asseoir. Il l’a fait sans hâte malgré avoir eu deux fois sa copine au téléphone. Nous on ne savaient pas ce qu’on allait faire dans la soirée qui commençait. On le lui a dit. Nous, c’était Axel et Raj, ceux avec qui je travaille au collège. Le « chez », avait par complément Raj.
On prenait l’apéro pour nous laver les pensées du boulot. C’était toujours efficace pour commencer le week-end. Travailler avec des gens peut combler jusqu’au moindre recoin de la tête. Avec la première bière, on parlait d’autres choses ou l’on remémorait un événement drôle, comme les profs faisant les goujats avec une prof de français, ou l’enseignant de mathématiques connu pour sa dureté qui a fini en slip au milieu de la cour pendant le barbecue de fin d’année.
On se marrait bien, on le savait, on pouvait oser dire et faire des choses qui ne sont plus « normales » pour les gens qui passent la totalité de leurs vies entourés d’adultes. Malgré le fait d’être parmi les plus bas de la hiérarchie du ministère de l’éducation, on jouissait d’un emploi rémunéré au smic, mais soumis à un calendrier de quatre mois de vacances par an.
Ioro était au courant de bien plus d’avantages que ce poste pourvoyait. Il habitait l’appartement qui comprenait une terrasse sur le toit du collège. C’était un logement de fonction que son père était censé habiter, bien que tout le monde était au courant de son double logement.
Comme on dit, il se mettait bien. Il était surveillant dans un autre collège. Il avait travaillé pendant trois ans dans l’établissement qu’il habitait et dont son père était le directeur adjoint, mais il s’est fait virer par faute grave. Il avait fait des choses largement plus punissables dans les règles du milieu, c’est pourquoi c’était marrant que le prétexte pour le virer ait été de fumer une clope dans la cour, à côté de la salle de permanence. Evin a été le prétexte ainsi quelques règlements internes pour couper le cordon ombilicale de ce fils du ministère de l’éducation qu’y se trouvait à son aise.
Il n’a pas quitté l’appartement, ça, c’était une autre histoire, avec d’autres enjeux et d’autres farces. Ça a été une rumeur de quelques semaines. Il dérangeait et il a fini par partir. Il en avait été de même dans plusieurs situations dans lesquelles il avait obtenu un avantage par le biais de son père, il cassait tout. Il réussissait toujours à dépasser les limites d’une situation confortable qu’aurait pu l’aider à se construire un bon mode de vie.
-
Alors, Ioro, tu restes un peu ?
-
Je ne sais pas, pourquoi, vous allez bouger maintenant ?
-
Non, c’était pour savoir si on allait chercher une autre bière et des clopes parce qu’on n’en a plus. Et si t’allais chercher ta copine, tu aurais pu te taper la mission en même temps.
-
Du coup je ne sais pas, (bip, bip),ah, la voilà encore, qu’est-ce qu’elle est chiante cette fille, (biiip, biiiiiiiip). Je lui ai dit que j’avais pour une demi heure, il n’est pas encore l’heure et elle m’appelle (biiiiiiiiiiiip, biiiiiiiiiiiiiip) ça va sinon ? (biiiiiiiip, booooooooooop).
-
Tu vas pas répondre ?
-
Elle a qu’appeler à l’heure, t’es d’accord que si ce n’est pas encore l’heure, t’as pas à plaindre ton rendez-vous, n’est-ce pas ?
-
Bon, écoute, je n’ai que de l’eau à te proposer pour l’instant. Ça te va ?
-
De l’eau ? Non, merci j’en bois pas, j’aime pas ça.
-
Tu ne bois jamais d’eau ? Read more…
Categories: Literatura, ParÃs, Pequeños relatos, Sociedad Tags:
Baskets neuves et casque, contre écharpe en laine
On devait se rendre à la plage. C’était ça le nom du bar, mais en réalité se trouvait au milieu de rues et des rues, dans le vingtième arrondissement. Misosofos dit que j’ai le mal de Dyogène. Il est vrai que j’aime faire de la recup’, sous toutes ses formes. Le sac était dans le panier d’un velib’, on y était, lui et moi, sur la rue Charonne. Je l’ai pris et regardé le contenu sans nous arrêter de marcher.
-
C’est quoi ? A voulu savoir Eric, le polyglotte.
-
C’est des baskets neuves, une veste bleu, neuve elle aussi, et un casque.
-
C’est du combien ? S’est intéressé Flavien, le philosophe.
-
C’est du quarante quatre. Tu chausses du combien ?
-
Quarante trois.
-
Essaie-les ça se trouve elles te vont bien.
On s’est arrêté, il a changé ses chaussures qui le rappelaient son ex-copine qui venait de le quitter et a dit :
-
Si elles me vont bien, je jette les autres. Read more…
Categories: Literatura, Música, ParÃs, Pequeños relatos, Sociedad Tags:
Saut triangulaire de quai à quai
-
Ay, qué bonito es volar
a las dos de la mañana.
Volar y dejarse caer…
« La bruja », chanson populaire mexicaine
Il est midi et des poussières où des poussières dansent sur les rails, tourbillonnant par un départ du quai d’en face. Jean, Pierre et Le duc, comme ils se font appeler depuis qu’ils sont arrivés en France, sont assis sur les sièges d’attente au métro Louis Blanc, là où le quai est d’une seule voie. Les métros qui sont passés depuis les quart d’heure qu’ils sont dans la station les ont cru des musiciens roms en pause déjeuner. C’était presque le cas, ils venaient de manger le sandwich que la fille de Paul, père de la chaîne agroalimentaire, leur offrait depuis que Le duc a eu l’idée de lui chanter une sérénade diurne par jour.
Jean, habillé avec un jean blanc, une veste sportive et des baskets à la mode un peu usées, jette par terre le papier qu’enveloppait le repas. Il était trop pris par la discussion pour la quitter et aller la déposer dans la poubelle. Les instruments n’étaient pas dans leur mains, ils se reposent, muets, par terre et sur les sièges, sieste d’accordéon, trombone et trompette.
Depuis qu’ils sont arrivés en France, ils cherchent, comme ils le font dans toutes les villes dans lesquelles ils ont mis les pieds. Ils sont musiciens, mais dans le fond il guettent depuis l’enfance, depuis qu’ils sont ce qu’ils ont conscience d’être.
C’est pour cela qu’ils laissent les instruments là où ils demeurent au lieu de les reprendre et monter dans une rame jouer « tutti frutti », toujours comme s’ils la jouaient sur la tombe de leur père, mélancoliques mais pas tragiques. Ils croyaient avoir trouvé ce qu’ils cherchaient bien qu’ils n’en étaient pas sûrs, alors :
(En romi roumanisé)
- Quelqu’un doit le tester.
- C’est moi qui y vais, a proposé Jean
- Tu veux toujours être le premier, a reproché Pierre.
- C’est à son tour, a expliqué Le duc, c’est la règle, même si nous savons que pour le reste de choses il veut en effet être le premier. Read more…
Categories: Literatura, Música, ParÃs, Sociedad Tags:
Embauche en cours
Une femme autour de la trentaine, habillée en tenue de bureaucrate standard, attend au téléphone, assise sur un siège du métro où l’on les trouve par binômes, les uns en face des autres. Une petite table est placée entre les deux, comme dans un TGV. Il y a des papiers sur la table et un porte-documents à côté d’elle d’où elle tire une feuille pendant qu’elle attend son correspondant au son de bip, bip, bip d’un appel sortant.
Mme Muller (voix automatique, de formule apprise et répétée): Bonjour, monsieur Moralès ?… Oui… Madame Muller à l’appareil, bonjour, c’est pour confirmer notre rendez-vous dans quinze minutes. Je viens de prendre le métro à La Courneuve, on pourra se retrouver à Gare de l’Est… Oui, c’est bien ça, le wagon tapissé en jaune comme je vous ai informé par mail… Oui, moi aussi, je croyais que c’était une blague, mais je vous assure que c’est bien vrai… c’est le troisième wagon à partir du début de la rame. À tout de suite, monsieur Moralès.
Sur le quai de Gare de l’Est, un garçon au visage venu d’ailleurs, brun et habillé avec un costume dans lequel il se sent mal à l’aise, et qui est un peu grand pour lui parce qu’il l’a emprunté, se prépare pour l’arrivée de la rame. Il guette, impatient, il se lève à chaque fois qu’il voit rentrer une rame. Il vérifie le chronomètre qu’il a lancé après avoir raccroché. Il n’est pas encore l’heure. Il s’assoit et constate l’ordre de ses papiers ainsi que sa coiffure. Il serre sa cravate et s’aperçoit que ladite rame jaune arrive et qu’elle est vraiment jaune. La fenêtre précise défile devant lui, il arrive à lire “CRIT Interim”. Cette information-là n’était pas marquée sur la feuille de route du courriel. Il court pour rattraper l’écart et rentre dans le wagon.
L’agent de RH, Madame Muller, surveille l’entrée des passagers pour chercher celui qui a une tête à faire de même. Elle dit doucement, en levant le bras :
Mme Muller : Monsieur Moralès!
Il avance vers l’endroit qu’il aurait fini par trouver, tellement l’emplacement de la table est inhabituel dans cet espace.
Mme Muller : Asseyez-vous, s’il vous plaît.
Alex: Merci. Read more…
Categories: La Courneuve, Literatura, ParÃs, Pequeños relatos, Sociedad Tags:
Le nez de la reine
C’est l’été, dans la cour de récréation du collège il n’y a plus d’élèves mais il reste encore des poubelles à ramasser. Le boulot ne s’arrête jamais pour ceux qui sont en bas. Le monde fait en sorte que celui qui gagne le moins, soit le dernier servi et le dernier à partir. Ils y sont encore, le surveillant et l’agent de propreté, une fois que les professeurs et l’administration sont partis :
- Mon ami, il m’est arrivé un truc, tu vas pas me croire.
- On verra, raconte, Abdoul.
- Tu sais que je dessine, non ?
- Non, tu m’en avais jamais parlé.
- Bon, je le fais, je fais des portraits dans cette place très connue à Montmartre.
- Tu te fais de l’argent ?
- Bien sûr, c’est le but principal.
- T’as la carte de la mairie ?
- Non, mais j’ai une très bonne photocopie et ils ne regardent pas de près. C’est un lieu touristique, il faut créer l’illusion de paix. Ça m’arrange. Mais la question importante dans tout ça est…
C’était l’été, un samedi après-midi encore jeune réchauffait la place du Tertre. Abdoul a pris sa place d’habitude, entre un chinois et un français. Les clients défilaient, multilingues et pluricolorés. Ils viennent par vagues, Abdoul le sais très bien, il éprouve souvent le mal de mer à chaque fois qu’il y prend place. Le médecin lui a dit que c’était à cause de la cigarette et des habitudes alimentaires de célibataire âgé. Lui, il sait que c’est à cause des week-ends sur la place, succédané désagréable d’une jeunesse proche de la méditerranée. Read more…
Categories: Literatura, ParÃs, Pequeños relatos, Sociedad Tags:
Trêve de rêves de rats
Abdul a un visage marqué, on ne sait pourquoi ou par qui, il n’en parle à personne de connu. Les rides se faufilent par son visage comme les sillages d’autres vies. Les cernes font parti de lui, mais depuis quelques semaines elles grandissaient sur sa peau mâte et dure.
Pause café dans le balcon d’un collège parisien, surveillant et agent de propreté :
-
Dis-donc, Abdul, tu fais la fête dernièrement ou quoi ?
-
Non, je ne bois pas, moi. A-t-il dit d’un fort accent marocain et il sourit. C’est les putains de rats.
-
Quelles rats ?
-
Là où j’habite, il y a des rats juste à côté de ma chambre. Je suis au rez de chaussé et pile derrière il y a le local poubelles. Les rats doivent être de partout, je les entends ronger. J’ai peur, je te jure, j’ai peur qu’ils arrivent à rentrer par le tuyau d’aération et qu’ils viennent me mordre.
-
Ça pourrait vraiment arriver ?
-
Mais oui, je suis allé voir pendant la journée et il suffit de ronger un faux mur pour qu’ils accèdent aux étages et chez moi.
-
Et t’as pas prévenu le propriétaire ?
-
Je vais faire ça aujourd’hui, mais, comment le dire, je n’aime pas parler au téléphone, ça me donne des frissons. Tu peux appeler à ma place ? J’ai attendu un peu mais je ne fais que des cauchemars, je ne tiens plus.
-
Bien sûr. On va appeler de la loge, je n’ai plus de forfait.
-
Et moi, même pas de portable. Read more…
Categories: Literatura, ParÃs, Pequeños relatos, Sociedad Tags: